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| NOS AUTEURS | ||||
Laurent
Frontère |
Laurent Frontère
est peintre et
sculpteur.
Né en 1961, autrefois, il a été chimiste. Il écrit de la main gauche,
ce qui explique que, pendant son enfance, lointaine époque où l'on
utilisait encore le porte-plume, ses cahiers étaient couverts d'infâmes
pâtés et ses menottes, maculées d'encre (Voir photo). Né dans une
famille d'imprimeurs, dans les odeurs d'encre et de papier, il en a
acquis un certain goût pour l'objet livre. Son inspiration littéraire
puise dans une culture scientifique bien digérée et revisitée avec une
fantaisie débridée et un goût certain pour le canular. Son premier
roman, Voyage
à dos de mérou,
publié chez Bretzel, reprend les canons graphiques du roman d'aventures
scientifiques du XIXe siècle, même si son contenu humaniste et
fantaisiste vise plutôt du côté de Bouvard et Pécuchet ou vers les
romans philosophiques du XVIIIe siècle. Quant à Ouakaris
chauves dans le crachin, parodie de Gorilles
dans la brume,
de la regrettée Dian Fossey, dans une biographie imaginaire, il
s'intéresse insidieusement à la vie de ces anglo-saxonnes qui ont
défriché l'éthologie des grands primates : Dian Fossey et ses gorilles,
Jane Goodall et ses chimpanzés, Birute Galdikas-Brindamour et ses
orangs-outans. Dans le portrait attachant de Lennie
Connery-Chatterton, sœur aînée imaginaire et ratée de ces dames, il fait
un éloge réconfortant des faiblesses humaines. Eugène Mimonce, le poète oublié
reprend la même veine parodique puisque ce livre se présente comme une
biographie extrêmement sérieuse et documentée. Mais en fait, ce poète
oublié n'est, là encore, que le fruit de son imagination. Un lion au déjeuner
est , quant à lui, un court roman africain. Parti d'une anecdote
authentique, l'auteur développe le point de vue des différents
protagonistes en projetant cette histoire dans le Kenya de
l'après-guerre, non loin de La ferme africaine de Karen Blixen. Enfin, Lettres du moulin d'Arbus est un recueil de onze nouvelles s'inscrivant dans le Béarn historique et inspirées par le moulin de son enfance. | |||
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Turgut Yuzblu est d'origine turque.
Né à Izmir en 1938, il passe sa petite enfance dans la
confiserie
de sa grand-mère paternelle. De retour de la guerre, son père
démobilisé développe considérablement l'affaire. Les loukoums Yuzblu
assurent bientôt la fortune familiale. Le jeune Turgut a une lubie : il
veut devenir métallophoniste, puis se passionne pour le yukulélé dans
l'incompréhension familiale. Apprenant de sa mère, sur son lit de mort,
que son vrai père était un scaphandrier chypriote, pour
retrouver
ce dernier, il s'embarque clandestinement sur un cargo qui ne le
conduit pas à Nicosie, comme il le pensait, mais à Marseille. Plein de
ressources, on le retrouve bientôt au conservatoire de Montlhéry où il
enseigne le yukulélé et le métallophone.
Grâce à lui, ces deux instruments connaissent un engouement fantastique
dans la région. Il fait alors la rencontre de celle qui sera bientôt
son épouse, Évelyne Ponchon, arrière-petite-fille du cardinal Dugléré,
laquelle prêche pour la révolution prolétarienne. Évelyne pousse Turgut
à développer son talent d'écrivain. Ce talent est fécond. Après un
premier recueil de nouvelles, Le
zouave, paru en 1964,
suivent bientôt une quinzaine de romans au style lyrique qui
passent
inaperçus. Visitant le zoo de Vincennes, il reste pétrifié à la vue
d'un rhinocéros : victime probable d'un accident vasculaire cérébral,
sa
production littéraire devient délirante, dans la lignée d'un Antonin
Artaud. Le
chacal du cognassier lui attire la sympathie des Surréalistes, suivi bientôt de La
chartreuse du jambon de Bayonne, de
La
mercière pudibonde,
ou encore de Entre
tes doigts de pieds, Prosper
et les séditieux, La
Berrichonne satanique. En
2006, de retour dans son pays natal, il disparaît mystérieusement,
comme évaporé, dans les ruines d'Éphèse. | ||||
| Ulysse
Beckhert | Ulysse Beckhert
est
originaire d'Ostende. Né en 1948, d'extraction très modeste, une
tendinite pernicieuse le contraint à abandonner son métier de
matelassier-tapissier. Il installe alors une baraque à frites en bord
de mer. Doté d'un physique peu avantageux mais dur à la besogne, il en
est réduit à se prostituer auprès d'une clientèle de bourgeoises
emperlousées venues chasser leur ennui sur les plages de la mer du
Nord. Il racontera ces années-là dans un puissant récit
autobiographique, La moule et la frite.
Ses amours tumultueuses avec la souffreteuse Lillie De
Brooks lui inspireront le roman Les
ventouses.
Après un bref passage mystique et une retraite dans un monastère des
Ardennes, il se découvre un don pour les placements boursiers qui le
mettent définitivement à l'abri du besoin. Dans une série de livres
inclassables, mi-récits fantasmagoriques, mi-reportages aux
descriptions quasi-cliniques - Coupe-chou,
Peine perdue, Le miroir, Les désenchantés,... -, son
pessimisme noir teinté d'absurde sont sa marque de fabrique. | |||
| Anita Langevin est née à Brive en 1919. Après quelques années passées à vendre des fromages sur les marchés de la région, elle hérite du bar-auberge de ses parents. Elle se marie avec un certain Paul Lafargue avec lequel elle a trois enfants. Puis, du jour au lendemain, à trente-huit ans, alors qu'elle donnait toutes les apparences d'une petite vie rangée avec ses pratiques bigotes, fatiguée d'un mari buveur et volage, elle envoie tout balader. Elle affiche alors au grand jour son dégoût des hommes et sa passion amoureuse pour sa future compagne, Rose Fourrier. Le bar familial devient Cercle amazonien de Corrèze. Son exemple militant fait ainsi quelques émules. Elle publie bientôt plusieurs recueils de poésies licencieuses à la verve joyeuse et truculente : le fameux Rubis, mais aussi Départ pour l'Amazonie, et La rosière impudique. |
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