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Présentation de l'ouvrage Qui était Eugène Mimonce ? L'oeuvre poétique de Mimonce L'auteur Commander l'ouvrage Extraits Photos et documents | ![]() | Qui était Eugène Mimonce ? Introduction Eugène Mimonce est un poète singulièrement oublié par l'histoire de la littérature. Et pour cause : de son vivant, il a répugné à publier quoi que ce soit de son abondante production. Son ami Casimir Chabaud a certes pris l'initiative de faire imprimer un recueil, Le vent des solfatares, alors que Mimonce est parti sans laisser d'adresse. Puis, après sa mort, son fils Nestor a édité un recueil d'œuvres choisies avec un tirage confidentiel. Il n'y avait donc pas là de quoi s'attirer le succès et les faveurs du grand public. Pourtant, l'œuvre en question, originale et diverse, mériterait une certaine reconnaissance, à l'image d'un Germain Nouveau qu'il a bien connu. En outre, Eugène Mimonce a, semble-t-il, influencé et inspiré quelques contemporains parmi lesquels Paul-Jean Toulet et Francis Jammes. Il a aussi entretenu une correspondance avec nombre de contemporains qui ne sont pas tombés dans l'oubli : Octave Mirbeau, Raoul Ponchon, Stéphane Mallarmé, Willy, Pierre Loti, André Gide ou Anatole France. La raison fondamentale du manque de notoriété de Mimonce réside sans doute dans certains traits de son caractère difficile qui jouent contre lui : - il aurait souhaité une reconnaissance spontanée de ses pairs et de ses concitoyens sans s'en donner les moyens ; - il s'enferre à rechercher le succès à Orthez, petite ville provinciale cadenassée par un ordre bourgeois mortifère ; - peu courageux, il se rêve une vie de rentier. Bien fait de sa personne, il est un coureur de jupons invétéré qui ne brille pas par ses qualités de cœur. Faut-il pour autant voir dans ces errements les conséquences délétères d'une mère singulièrement peu aimante ? Biographie sommaire | |||
avril
1846 - mai 1861![]() |
1. "Ce
gamin nous aura tout fait" Eugène Philadelphe Mimonce est né à Orthez en 1846, rue du Passe-Muraille, aujourd’hui 2, rue Mimonce. La ville, située dans le piémont pyrénéen est alors un petit bourg calme et plutôt prospère. Elle abrite un marché agricole animé et la population paysanne du canton alimente une petite industrie (tissage, minoterie, tanneries, meuble) et reste encore meurtrie par les guerres de religions. Le père d’Eugène, Auguste, est venu du Gers, à vingt ans, comme vendeur ambulant et s’est établi à Orthez. Bientôt, il y installe une quincaillerie/droguerie et se marie en janvier 1837 avec Ernestine Sainte-Cluque, fille d’un ancien soldat de la Grande Armée. La quincaillerie prospère. Les époux Mimonce sont très pieux et font bientôt partie de la petite bourgeoisie catholique de la ville. Ernestine donne le jour à trois enfants : - Hortense, en 1840, qu’elle perd à l’âge de six mois ; - Félix, en 1844, et sur lequel les parents fondent de grands espoirs ; - enfin, Eugène Philadelphe, le 26 avril 1846. L'enfance d'Eugène est marquée par le désamour de sa mère et sa rivalité avec Félix qui le rudoie. Celui-ci décède d'une chute, conséquence d'une crise d'épilepsie. La mère devient diabétique et reste alitée. Par la suite, une série de frasques et de mauvaises farces conduisent son père, après une convocation par le maire de la ville, à retirer Eugène du collège où il suit pourtant une scolarité redevenue sereine, pour le prendre en apprentissage dans sa quincaillerie. | ||||
juin1861
–
décembre 1865![]() |
2. Apprenti
quincaillier Surveillé de près par son père, Mimonce s'ennuie ferme dans la boutique familiale. Pourtant, envoyé en ville pour remplacé les vitres cassées, il excelle dans cette tâche qui est pour lui l'occasion d'accéder à la bibliothèque d'un érudit local et à la chambre d'une demoiselle Philippine Saint-Picq dont il tombe amoureux et qui sera plus tard son épouse. La poésie à laquelle il s'essaie devient pour lui une arme de conquête amoureuse. Avant de partir sous les drapeaux, il se fiance avec cette fille de bourgeois richement dotée (40 000 francs-or). < Philippine Saint-Picq | ||||
janvier
1866 –
juillet 1870![]() |
3. Sous les
drapeaux Mimonce effectue son service près de Pontarlier, dans les forts de Vaux puis de Mahler qui protègent le passage vers la Suisse. Il se lie d'amitié avec un Nîmois nommé Casimir Chabaud. Période heureuse qui voit ses talents de poète faire l'admiration de son lieutenant, Etienne Beaufort de la Villardière qui lui fait découvrir Verlaine, Baudelaire, Rimbaud,... et décide de sa vocation. Mort de sa mère en 1868. < Casimir Chabaud | ||||
août
1870 – décembre. 1871![]() |
4. La guerre, «
le cœur léger » Mimonce reste à l'abri des hostilités jusqu'aux derniers combats du 1er au 3 février 1871 qui ont lieu après l'armistice signé le 29 janvier. L'armée de Bourbaki fuit vers la Suisse poursuivie par les Prussiens, passant dans la cluse gardée par les forts, laquelle devient un piège mortel pour l'armée ennemie. < Environs de Pontarlier - Cluse - en haut à gauche, le fort de Mahler | ||||
janvier
1872 –
janvier 1875![]() |
5. Un avenir dans
la quincaillerie ? Mimonce retourne travailler dans la quincaillerie familiale, se marie avec Philippine le 28 mars 1872 et s'installe avec elle. Elle accouche d'un fils, Nestor, le 6 octobre 1872, puis décède trois jours plus tard. Ce deuil est inattendu pour Mimonce qui ne sait que faire de son fils et s'en débarrasse volontiers pour le confier à la compagne de son père, Ermance Coquart. Occasion pour lui de virées vers les cercles littéraires parisiens au cours desquelles il fait la connaissance de Raoul Ponchon et Gabriel Vicaire. <Ernestine Sainte-Cluque, mère d'Eugène | ||||
février
1875 – mars 1878![]() |
6. « Il était un
père » Période de dépression pour Mimonce : Son père meurt d'un infarctus le 3 février 1875 après une réconciliation de son fils avec lui sur son lit de mort. Mimonce boit. Son ami tente de le sortir de sa torpeur et fait un voyage avec lui en Italie . L'idée fonctionne : dès son retour, Mimonce écrit un recueil, Le vent des solfatares, imprégné de ses impressions de voyage. Ayant quelques soucis - il a été pris en train d'uriner dans un bénitier, après avoir vendu discrètement la quincaillerie, il abandonne son fils et part sans laisser d'adresse. < Auguste Mimonce | ||||
avril
1878 – décembre 1883![]() |
7. Vers de
nouveaux horizons Eugène est parti à Marseille où il s'engage à bord du Fanion, navire marchand qui assure des liaisons avec la Corse et Alger, puis, à partir du printemps 1880, à bord du Jaffar, lequel circule dans l'Est de la Méditerranée, occasion pour Mimonce de découvrir Alexandrie, Istanbul, Chypre, Athènes, Tripoli,... qui imprègneront une partie notable de son oeuvre. A Messine, il croise un compatriote qui, le croyant mort, l'incite à moins d'insouciance : Mimonce renoue une correspondance avec Nestor et Ermance, puis finit par rentrer à Orthez après une courte errance dans Istanbul, débarqué par l'armateur génois du Jaffar. Sur le chemin du retour, de passage à Nîmes, il apprend que Casimir Chabaud a pris l'initiative de publier Le vent des solfatares. < Nestor Mimonce | ||||
janvier
1884 –
juillet 1888![]() |
8. Le piège
orthézien Mimonce fréquente un bordel palois et entame une liaison durable avec une de ses demi-pensionnaires, Marie-Louise Larricart. Mimonce écrit deux recueils : Paysages béarnais (1885) et Petit bestiaire fantasque (1886), précurseur des Histoires naturelles de Jules Romain. En avril 1888, apprend de Marie-Louise qu'elle est enceinte de ses oeuvres. < Le Pont-Vieux d'Orthez | ||||
août
1888 –
novembre 1888![]() |
9. Les cent
jours S'enfuit à nouveau vers l'Égypte car il supporte mal l'idée de se retrouver à nouveau père. Prétend avoir remonté le Nil jusqu'au Soudan, vu Le Caire, les pyramides, Louqsor,... À Alexandrie, se fait dépouiller et erre comme une épave. Rapatrié grâce à Paul-Jean Toulet qui le fait monter clandestinement à bord du Djemnah. < couverture du Vent des solfatares | ||||
décembre
1888 – mars
1896 |
10. Le temps des
jeunes collègues Rupture avec Marie-Louise qui a accouché d'une fille, Augustine. Fait la connaissance de Francis Jammes et d'Hubert Crackanthorpe, essayant sans succès de les fédérer autour de lui. Rencontre Toulet à Pau : une amitié s'établit entre les deux hommes pendant la décennie où Toulet occupe sa propriété de Carresse. Organise des rencontres littéraires hebdomadaires dans les bars de la ville d'Orthez. En 1893, son fils, devenu fonctionnaire à la sous-préfecture, se marie avec Andrée Etcheto dont il aura deux enfants, Madeleine (1894) et Jules Eugène (1896). En 1899, Toulet, désargenté, part s'installer à Paris. Brouille entre les deux hommes. < Paul-Jean Toulet | ||||
avril
1896 – décembre 1899 |
11. Le désarroi
d’un fils Mort de sa marâtre, Ermance. Vives tensions avec son fils Nestor. Assiste à la première d'Ubu roi. Écrit le recueil Les épilobes. < Nestor Mimonce | ||||
janvier
1900 – mai 1907
|
12. La
nouvelle
Académie Le 1er janvier, refondation de la nouvelle Académie d'Orthez. Succession d'échecs dans la recherche d'éditeurs. Difficultés financières : Mimonce se fait verser de substantielles indemnités par l'Académie qu'il préside. En 1906, héberge Germain Nouveau, de passage à Orthez. En avril 1907, dissolution de la nouvelle Académie. Mimonce survit en tant qu'écrivain public et peintre en lettres. Il se brouille avec Jammes. < Francis Jammes et Eugène Mimonce | ||||
juin
1907
– juillet 1914 |
13. Le
temps des
aigreurs Mimonce développe sa théorie du complot uraniste et de la kératinisation des esprits : ses collègues invertis oeuvreraient à le maintenir dans l'obscurité. Sa production de l'époque dont on n'a conservé que les titres - Champs de blé sous l'orage et Les amis d'autrefois - a hélas ! été détruite par le feu après sa mort. En avril 1912, fait une chute dans un puits suivie d'une bronchite. Donné pour mourant, il fait connaissance de sa fille Augustine devenue actrice et renoue avec Marie-Louise. < Marie-Louise Larricart | ||||
août
1914 –
novembre 1918![]() |
14. La guerre heureuse Période plutôt heureuse pour Mimonce qui vit correctement de sa vie d'écrivain public. En 1917, mort de son petit fils Jules Eugène sur le Chemin des Dames. En novembre 1918, Marie-Louise disparaît de la circulation. < Signature d'Eugène Mimonce | ||||
décembre
1918 – juillet 1923![]() |
15. Le père
réconcilié Mimonce entrepose ses archives chez son voisin Camougrand. Après sa mort, celles-ci échapperont de peu à la destruction totale par les flammes, sauvées in extremis par un instituteur perspicace. En 1920, mort de ses amis Germain Nouveau, Paul-Jean Toulet et Casimir Chabaud. En 1923, se réconcilie avec son fils Nestor. Meurt quelques jours plus tard, d'inanition, dans sa maison orthézienne. Son fils fait publier un recueil d'Oeuvres choisies l'année suivante. La maison de Mimonce est rasée. < Eugène Mimonce après la guerre |
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