Voyage à dos de mérou

30,00

Laurent Frontère
Les éditions Bretzel
2 tomes en un volume,
480 illustrations,
764 pages,
30 euros,
ISBN 978-2-9530405-0-0
Prix Révélation des journées du livre d’Orthez 2008

Description

  Voyage à dos de mérou renoue avec la tradition du roman d’aventure scientifique illustré du XIXe siècle.

  Le spectre du roman philosophique du XVIIIe siècle n’est pas très loin non plus, tant les interrogations du scientifique d’aujourd’hui, de celui qui s’intéresse à l’infiniment petit comme à l’infiniment grand, rejoignent celles du philosophe.

  Pour autant, il ne s’agit pas là d’un roman didactique, le propos de l’auteur étant davantage de nourrir l’action de faits et réalités scientifiques.

  C’est un roman fantastique, plutôt dans l’esprit de Kafka : l’élément fantastique est perturbateur et isolé dans un océan de petites choses ordinaires.

  C’est aussi un roman à digressions, les deux héros ayant des visées encyclopédistes qui ne sont pas sans évoquer celles de Bouvard et Pécuchet.

  L’ouvrage réunit en un seul volume les deux tomes d’une histoire qui serait comme une sorte d’Iliade qui viendrait après une manière d’Odyssée. En plus moderne, bien sûr, et avec moins de Grecs.

  Il s’agit là du premier roman de Laurent Frontère, peintre et sculpteur, un roman destiné à un public d’adultes et d’adolescents.

Prix Révélation des journées du livre d’Orthez 2008

 

L’histoire

Le mérou échoué
Le mérou échoué

  Givers et Cuvelier ont tous deux du vague à l’âme lorsqu’ils découvrent un mérou géant échoué sur une plage des Landes. Qui plus est, le mérou parle, ce qui n’en finit pas de les étonner.

  Le mérou est bon poisson et se propose de conduire nos deux personnages, sur son dos, du côté de Cabo da Roca, au Portugal, où aura lieu une éclipse de soleil dix jours plus tard. On apprend par la suite que si le mérou parle, c’est parfaitement normal et dû à un double empoisonnement.

Poisson volant
Poisson volant

  Juchés sur le mérou, nos héros apprennent à se connaître, et la balade se révèle riche en péripéties. Sous l’emprise de la cocaïne, le mérou saura-t-il saisir ce qui fait le propre de l’homme ?

 

Ptysilis sempercrudelis
Ptysilis sempercrudelis

  La fin du premier tome verra peut-être le trio arriver à bon port, ou peut-être un événement hors du commun les placera-t-il sur une trajectoire inattendue. Peut-être nos héros passeront-ils tout un second tome à comprendre ce qu’il leur est arrivé et à se sortir d’une ornière qui n’est sans doute pas sans rapport avec la théorie des cordes.

  Et Maurice Allais, notre prix Nobel de l’économie décédé en 2010, apportera-t-il une contribution précieuse au dénouement de la situation ?

Givers profilGivers face  Givers est “ventilateur” au ministère de la pêche ; vaguemestre, en quelque sorte. Il a la quarantaine rêveuse, et des déboires sentimentaux l’ont conduit sur cette plage des Landes où l’aventure commence. Il est à la recherche d’une algue, missionné par un ami travaillant au muséum d’histoire naturelle de Paris.

 

Cuvelier profilCuvelier face  Cuvelier est généalogiste professionnel. Un peu plus âgé, sensiblement plus dégarni, il fuit une épouse au caractère un peu difficile et deux adolescents assez désespérants. Il vient de boucler une affaire qui pourrait lui rapporter quelque argent. Il contemple l’Océan en ne pensant pas à grand chose.

  Kinou, c’est le nom du mérou. En fait, son nom officiel, c’est epinephelus marginatus. Mais c’est plus difficile à porter. Comme ceux de son espèce, c’est un hermaphrodite protérogyne, ce qui est encore plus difficile à porter. Il parle grâce à un larynx artificiel mis en place par Alcide Peudepoil. Celui-ci coule une retraite paisible de professeur de mécanique céleste, à Sainte-Luce-sur-mer, sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Paisible… jusqu’à l’arrivée du mérou. Tout ceci à cause du chocolat.

Ana profilAna face  Il y a aussi Pichon, celui qui travaille au muséum, une sorte de Jules-de-chez- Smith-d’en-face que l’on ne découvrira en chair et en os qu’au deuxième tome. Ana, elle, débarque au cours de l’histoire. En fait, c’est plutôt Givers et Cuvelier qui débarquent chez elle. Croisée du côté de La Coruña, Ana a de jolis appâts qui ne convainquent pas que le mérou.

  En gros, voilà les personnages principaux. Mais il y a les autres, le bon Monsieur Delachaux, l’infâme Pompieux, un fou furieux qui se prend pour Judas, un pharmacien de bonne volonté, un érudit libidineux, une violoncelliste désorientée, quelques maliens festifs et mélomanes, un économiste rameur, un directeur d’aquarium sans scrupule et un légitimiste mérovingien qui ne semble pas en être à un canular près.

LettrineE lecteur retrouvera dans Voyage à dos de mérou tous les attributs d’un roman illustré du XIXème siècle : page de garde, frontispice, têtes de chapitres avec sous-titres en guise de programmes, et lettrines. Un grand nombre d’illustrations sont inscrites dans le corps du texte. Quelques culs-de-lampe apportent une ponctuation supplémentaire aux fins de chapitres. Le texte est ainsi agrémenté de 480 illustrations. (Voir galerie)

  Les deux tomes, réunis en un même volume, sont séparés par un cahier central, repérable sur la tranche à la manière d’un dictionnaire.

  On pourra noter que la composition des deux tomes est pratiquement identique, comme le seraient deux frères jumeaux. Même nombre de pages, même nombre de chapitres.

 

GALERIE

Cliquer sur les images pour avoir une vue agrandie

– nos deux héros juchés sur le noble mérou :

 

– les frontispices et la couverture du deuxième tome à laquelle vous avez échappé :

 

– une collection de lettrines :

 

– les personnages :

 

– nos amis les animaux :

 

– en parcourant le premier tome :

 

– deux images du cahier central :

 

– en parcourant le second tome :

>> quelques proverbes et locutions à base de mérou
(un seul proverbe est authentique, mais si vous en connaissez d’autres, indiquez-les à l’auteur qui vous remerciera ; extrait du cahier central),

>> incroyable mais vrai
(anecdotes à base de mérou, pas tellement véritables et extraites du cahier central)

>> recettes et préparations à base de mérou
(l’auteur serait-il masochiste ? Extrait du cahier central),

>> deux poèmes jumeaux en holorimes
(extrait du chapitre du chapitre XII du tome 2. Un ahuri nommé Balbi, spécialiste de la théorie des cordes tient à ce propos un discours incompréhensible à nos héros, discours dans lequel il est question d’harmonie et de modes de vibration)

>> la rubrique “à paraître” des premier et second tomes
(du pain sur la planche pour l’auteur et l’éditeur !)

>> la biographie de Hans Kinnow (Il en est question dans le second tome, mais elle est malheureusement en version originale. Enfin, comprenne qui pourra !)

Proverbes et locutions

Adonde el mero va, no lo sigue nadie : Là où le mérou va, personne ne peut le suivre. La détermination l’emporte sur tout. Autre explication : l’apnée est déconseillée à qui est dépourvu de branchies

Aller en parler à son mérou, ou encore, avoir un mérou à désosser : excuse invoquée pour abréger une discussion stérile ou qui s’éternise

C’est comme offrir un bidet à un mérou : se dit d’un cadeau ou plus généralement, d’une action inutile

Cinglant comme un pet de mérou : se dit d’un propos virulent qui, proféré, laisse son destinataire sans voix

De la mar el mero y del campo el cordero : De la mer, (on extrait) le mérou, et de la terre, le mouton. Franchement pas de quoi gloser sur la prétendue sagesse des nations

Face de cul de mérou : grossier. Se dit d’une personne au visage éventuellement allègre, mais épais et peu avenant. On dit aussi “face de cul de mammouth”

Faire le coup du mérou du Congo : dérober un objet pour le placer en possession d’une tierce personne que l’on accuse du larcin pour mieux le récupérer dans la confusion générale . Expression d’origine obscure. Il s’agirait d’une déformation de “faire le coup du Nairou du Congo”, un certain Nairou, fonctionnaire peu scrupuleux, ayant été nommé préfet de police à Kisangani

S’en fout le mérou : à la Réunion, se dit en réponse à un propos injurieux pour manifester son indifférence, son mépris

Per celeritatem omnia vincit mero : le mérou triomphe de tout par la rapidité (César, De bello gallico). La rapidité d’exécution est déterminante dans le succès d’un projet. Ne doit pas être perçu comme un encouragement à bâcler son affaire

Qui veut noyer un mérou doit se lever matin : proverbe bambara. En fait, plutôt une allusion à un fait divers. Dans les années cinquante, à Abidjan, dans l’ahurissement général, les conserveries Captain Colin, juste après leur création, auraient décidé d’embaucher à cinq heures. Le responsable de l’encadrement à l’origine d’une telle mesure, un Angevin unanimement détesté, obtus et prognathe, aurait été retrouvé noyé dans un bac d’huile d’arachide. La direction serait revenue immédiatement à des horaires plus conformes à l’usage local. Les employés auraient vu dans ce décés inexpliqué la manifestation d’une colère divine.

Quia nominor mero : Parce que je m’appelle mérou. Tiré d’une fable d’Esope. Se dit de celui qui abuse de sa force, de son autorité

Talis mero in profundo aquae : Tel un mérou au plus profond des flots. Expression de Virgile (Eglogues, VII, 12). Dans son élément. On dira aussi : tel un poisson dans l’eau

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Incroyable mais vrai

Dans une tradition rapportée par Themistios, un jeune pêcheur de perles de l’île de Kythnos nommé Lysis eut le pied pris dans un tridacne, coquillage bivalve géant que l’on nomme aussi bénitier. Il eut la vie sauve grâce à l’intervention d’un mérou dépêché par Poséidon, ému par la fragile beauté du pêcheur.
Selon Eusèbe de Cnide, souvent plus prosaïque mais aussi mieux renseigné, il se serait agi d’un pêcheur d’éponge et ce serait les supplications de la mère du pauvre pêcheur qui auraient alerté le dieu bienveillant. Depuis lors, chaque année, un pèlerinage était organisé dans l’île. Douze jeune filles allaient au large jeter des couronnes de myrte tressé dans la mer. Le tridacne malfaisant mais défait, ou un confrère malchanceux, aurait été conservé dans le trésor du temple de Kythnos dédié au dieu Poséidon.

mérou orange

Selon les archives de Prades, les sénéchaux de la ville auraient élevé un mérou dans un bassin de radoub désaffecté. L’animal, symbole de leur force débonnaire, aurait vécu jusqu’à l’âge vénérable de 128 ans. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu un seul mérou, mais quatre ou cinq successifs dont les longévités mises bout à bout, déjà exceptionnelles, auraient atteint cette durée. Un nouveau sénéchal, Ponce d’Aubrignac, aurait mis fin brutalement à la dévotion païenne entourant l’animal en faisant immerger des fagots de laurier rose dans le bassin. L’animal fut enterré en grandes pompes. Le sénéchal devait périr dans l’année, de mort violente, dans un incendie ayant réduit sa maison en cendres. La croyance populaire y vit la vengeance posthume du mérou. On retrouva l’animal sur les armes de la famille Aubrignac avec cette légende : gratiam facias (pardonne-moi)…

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Recettes et préparations culinaires

1. Filets de mérou au gingembre
(pour 600 personnes)
Assez facile, un peu cher, 35 minutes.
Choisissez un mérou de 200 kg environ, faites-en des filets que vous pocherez au vin blanc ; coupez ensuite ces filets en deux, de façon à obtenir de parfaits triangles isocèles ; déposer sur ces triangles un appareil ainsi composé ; 5 kg de queues d’écrevisses, champignons émincés, une quinzaine de truffes, trois kg de gingembre, safran à volonté, 20 kg de fenouil coupé en dés, le tout mélangé dans 20 litres de béchamel bien épaisse et lié sur le feu avec cinq douzaines d’œufs. Emballez l’appareil dans les filets comme un paquet de linge sale ; passez-les à l’œuf battu et dans la panure ensuite ; faites frire lestement à grande friture et dressez sur serviette avec une patte d’écrevisse piquée à chaque bout.
Servir en même temps une sauce au vin blanc faite avec le fond de cuisson des filets, et finie, au dernier moment, en ajoutant un beurre d’écrevisse.
Une précaution utile : demandez au poissonnier d’écailler le mérou et de le vider. Ce sera toujours ça que vous n’aurez pas à faire. Dites-lui que le fond de l’air est frais, il comprendra l’allusion.

2. Rouelle de mérou à la revêche
(pour 40 personnes)
Assez facile, un peu cher, 35 minutes.
Prenez une rouelle de 10 cm d’épaisseur ; faites-là blanchir dans l’eau salée avec le jus d’une vingtaine de citrons et piquez-là de quelques filets d’anchois. Mettez dans un sautoir, ou un poêlon, quelques louches d’huile d’olive, quelques tranches d’oignons et de carottes ; mettez le mérou dessus, couvrez la casserole, posez sur un feu modéré et laissez suer. Retourner la rouelle, rangez autour quelques tomates que vous aurez pelées, et, dessus, une botte d’oseille ; laissez suer encore quelques minutes à couvert et assaisonnez de sel et de paprika doux. Mouillez d’un ou deux litres de Madiran et laissez cuire ainsi une demi-heure à petit feu. Au moment de servir, dressez l’oseille en tas sur un bout de plat, sur l’autre les légumes du fond, la rouelle au milieu, les tomates autour et le jus par dessus.
Un conseil : l’oseille doit avoir des feuilles brillantes, bien vertes et bien fraîches.

3. Bouillon de mérou au concombre
(pour 47 personnes)
Assez facile, un peu cher, 41 minutes.
Procédez comme pour le bouillon de grondins aux lentilles. Par souci d’économie, vous pouvez remplacer les grondins, et donc le mérou par des rognons de bœuf. Dans ce cas, adressez-vous directement à un boucher et dites à votre poissonnier de ne pas se formaliser. Au passage, évitez de vous appesantir sur le fond de l’air. Si vous êtes encore un peu juste, vous pouvez remplacer les lentilles par des pissenlits que vous aurez envoyé chercher dans les champs alentour par votre progéniture. Le grand air a toutes les vertus face à l’émolliente, à l’abrutissante télévision. Et une petite pluie fine nettoie la peau plus sûrement qu’un gant de crin. Si la progéniture se plaint encore de s’être piquée aux orties, dites-lui que c’est excellent pour la circulation. Si elle revient maculée de boue, ou les genoux couronnés, gendarmez-la.

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À PARAÎTRE DANS LA MÊME COLLECTION :

À LA RECHERCHE DU MÉROU PERDU
LE MÉROU RETROUVÉ
LE MÉROU CHEZ LES PICAROS
LES TRIBULATIONS D’UN MÉROU EN CHINE
À L’OMBRE DES JEUNES MÉROUS EN FLEURS
LES MÉROUS DE BONNE VOLONTÉ
LA MORT DU PETIT MÉROU
LE MÉROU SUR LE TOIT
TU TIENS LE BON BOUT, MÉROU ! (pour adultes)
JUSQU’OÙ OSERAS-TU, MÉROU ! (pour adultes)

À PARAÎTRE DANS LA COLLECTION
GUIDES PRATIQUES BRETZEL :

J’ÉLÈVE MON MÉROU

À PARAÎTRE DANS LA COLLECTION
ESSAIS HISTORIQUES BRETZEL :

LA VIE DES MÉROUS SOUS L’OCCUPATION
LE MÉROU AU TEMPS DES CATHÉDRALES

À PARAÎTRE DANS LA COLLECTION
MONOGRAPHIES MÉDICALES BRETZEL :

LA RÉSECTION DE LA PROSTATE CHEZ LE MÉROU

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Biographie de Hans Kinnow en V. O.

Obrazy, co rozbuší srdce

Maďarský portrétista Hans Kinnow neměl v posledních letech svého života skoro žádnou práci. Namaloval totiž portrét manželky jednoho milionáře. Jakmile obraz dokončil, žena zemřela na infarkt. Potom namaloval ředitele banky a rodinnou známou. Zemřeli oba. Potom se na malování dlouho nechtěl ani podívat a oženil se. Jeho žena, když se dozvěděla, že umí malovat, chtěla také portrét. Po několika letech ho konečně umluvila a po dokončení obrazu zemřela na zápal plic. A pak se Hans Kinnow rozhodl namalovat autoportrét. Vyšlo mu to.

Après des années de mystère, nous pouvons enfin vous dévoiler une traduction non garantie de cette histoire édifiante :

Des peintures qui sapent le cœur

Le portraitiste hongrois Hans Kinnow n’avait pratiquement pas de travail dans les dernières années de sa vie. Il peignit le portrait de la femme d’un millionnaire. Une fois le tableau terminé, la femme décéda d’une crise cardiaque. Puis il fit le portrait d’un directeur de banque, connaissance de la famille. Lui aussi mourut. Par la suite, il laissa tomber la peinture pendant des années et se maria. Lorsque sa femme apprit qu’il savait peindre, elle voulut aussi son portrait. Après quelques années, elle finit par le persuader et mourut d’une pneumonie le tableau à peine achevé. Enfin, Hans Kinnow décida de peindre son autoportrait. Cela fonctionna aussi avec lui.

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Bonus

1) Isaïe et Jonas

  On pourra mieux évaluer ici l’hypothèse de l’auteur relative à l’une des figures de prophètes de la Chapelle Sixtine, celle représentant le prophète Isaïe. L’auteur, mû par une obscure lubie, a crû reconnaître dans les formes obscures situées derrière le prophète une silhouette de poisson qui ressemblerait étrangement à un mérou ! De quoi accréditer la thèse d’un repentir de Michel-Ange, repentir pourtant bien impossible a fresco. Ainsi, dans un premier temps, c’est Jonas que Michel-Ange aurait souhaité représenter. Puis, il aurait réservé à Jonas une place de choix, bien en vue au dessus du Jugement dernier. Exit, donc, le mérou.

Jonas ou Isaïe ?
C’est à vous de juger !

 

2) Le texte de Jean-Marie

Jean-Marie Delord  Un individu de sexe masculin prénommé Jean-Marie a eu l’audace de soumettre à l’auteur un texte de son cru. Nous ne sommes pas responsables de ces divagations oiseuses. La photo de l’individu ne peut que confirmer le caractère peu sérieux et échevelé de ses élucubrations.

Cliquer ici pour un lien vers le texte de Jean-Marie.

 

3) La notion très relative de “modernité”

lettrine squelette  Tout texte inscrit dans son époque y est ancré et tend à décrire une réalité évanescente. Voyage à dos de mérou ne déroge pas à cette règle. Ainsi, le GPS de Givers, acheté par Givers en 2005 apparaissait comme un signe de modernité. Son usage est devenu depuis d’une grande banalité.
De même, La théorie des cordes, qui tenait le haut du pavé, semble peut-être provisoirement moins pertinente et moins prometteuse. Voir à ce sujet, dans les liens, l’ouvrage de Peter Woit, éditions Dunod, opposant farouche à la théorie des cordes, la considérant si obscure, vaseuse et floue qu’elle ne peut même pas être testée par une expérience.
Tel auteur ami, décrivant une jeunesse campagnarde dans le milieu des années soixante-dix, en a fait l’expérience parfois troublante : il est trivial de penser, par exemple, aux appareils de téléphone dans des cabines à pièces, aux postes de télévision aux coins ronds et aux formes avantageuses et ne recevant que deux puis trois chaînes, aux téléphones à cadran. On se souviendra avec plus de peine des lignes blanches qui étaient jaunes. On pouvait alors en toute confiance laisser son gamin aller se promener à vélo à vingt ou trente kilomètres dans la campagne. Et les cachous Lajaunie n’avaient pas encore été vendus aux Etatsuniens. De quoi douter du progrès.

  Bientôt peut-être n’y aura-t-il plus l’ombre d’un mérou brun dans les fonds méditerranéens. On pourra alors se rendre de Tanger à Cadix à pied…

 

4) L’Univers est-il de gauche ?

Messier 51  C’est la question posée dans la revue Ciel & espace du mois de novembre 2007. Cette interrogation a pour origine une étude en cours d’examen d’un physicien de l’université du Michigan, Michael Longo, qui en étudiant un échantillon de 40000 galaxies a constaté que dans une direction donnée du ciel, celle qui correspond au pôle nord galactique, dans la constellation de la Chevelure de Bérénice, il y avait un déséquilibre important, de l’ordre de 8 %, en faveur des galaxies spirales dont les bras tournent vers la gauche, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Voilà une “anisotropie de l’espace” bien troublante, en effet…

 

 

5) Troublantes parentés entre les mondes renversés d’Alice, de Pinocchio et du Voyage à dos de mérou

Pinocchio  L’article suivant pourra peut-être éclairer le lecteur sur les parallèles entre le mundus inversus dans lequel les personnages du roman sont plongés à la fin du premier tome et l’ambivalence sexuelle des personnages, mérou inclus.

  Quelques parentés avaient déjà été mises en évidence par l’auteur dans les post-faces : Collodi, l’auteur de Pinocchio, apparaît ainsi au frontispice du premier tome ; le titre du second tome est une citation involontaire de l’Alice de Lewis Caroll, etc. D’autres pistes sont ainsi ouvertes : parallèle Gepetto-Peudepoil en tant qu’images du père ; le gosier de Kinou, similaire au ventre de la baleine, avatar de la matrice utérine ; dimension libertaire du propos des auteurs.

Dossier de presse
Voyage à dos de mérou

Article paru dans le numéro de Sud-Ouest du 4 décembre 2007 :

(avec l’aimable autorisation de l’auteur)

LIVRES. Laurent Frontère publie “Voyage à dos de mérou”, roman d’aventure scientifique illustré de sa propre main. Un premier roman savoureux, avec 480 dessins

L’épopée délirante

Rachel Gervais

  L’objet est un peu déroutant. L’auteur aussi. Avec un pavé de 764 pages entre les mains, il raconte son aventure littéraire comme celle de ses deux héros.

  Et surfe, comme dans son livre, entre vérités, mensonges crédibles et pures inventions loufoques. Le tout avec un ton sérieux mais un sourire narquois au coin des lèvres.

  “Voyage à dos de mérou” est une épopée délirante sortie de l’imagination de son papa, Laurent Frontère, à l’occasion du salon du livre de Pau. Deux tomes réunis en un seul volume, “une sorte d’Iliade qui viendrait après une manière d’Odyssée. En plus moderne, et avec moins de Grecs”. Voilà l’esprit.

  Proverbes et locutions. Le travail de l’auteur est colossal, le résultat succulent. “J’ai voulu reprendre les canons du roman illustré pour adultes du XVIIIe siècle, ce qu’on ne trouve plus aujourd’hui dans les livres, avec, en plus une histoire d’aventure scientifique”, explique Laurent Frontère, déjà connu pour ses tableaux et sculptures, mais moins pour son passé de… chimiste.

  La culture scientifique est omniprésente dans l’ouvrage qui présente frontispice, chapitres, lettrines illustrées, glossaire, index, résumé des chapitres. Et même à la manière des dictionnaires, des pages centrales grisées avec des recettes, un lexique, des proverbes et citations. Un vrai travail d’encyclopédiste presque exhaustif dont l’objet central est le mérou, ce poisson méditerranéen hermaphrodite. Sauf que la moitié des explications scientifiques sont, malgré leur air véridique, fausses. Ou vraies ! Au lecteur de tester son esprit critique. Bref, on y perd son latin.

  Tout sur le mérou

  Quant à l’histoire, elle raconte le voyage de Givers et Cuvelier. Les deux hommes chevauchent pendant une dizaine de jours le dos d’un mérou qui parle (avec l’accent québécois de surcroît). Le but de l’épopée fantastique au départ d’une plage de Mimizan est d’aller voir une éclipse de soleil à Cabo da Roca, au Portugal. Scénario simple en soi, mais qui génère un texte riche avec pas mal d’humour.

  Le mérou, central, n’est que prétexte. Étrange choix, non ? “Le mérou a une bonne tête de poisson, il est solitaire, mystérieux et hermaphrodite : il commence sa vie femelle puis devient mâle à l’âge de six ans. Original, non ?” Très !

  Sur le dos du mérou donc, on discute chimie, philosophie, anatomie, généalogie et autres sciences. C’est là que tout se dit. Avec des passages amusants, surprenants, l’auteur saute du coq à l’âne et balade le lecteur dans une fantaisie sans limites.

  Dessins au crayon

  Autre richesse : Laurent Frontère a pris son crayon de bois et a dessiné ses personnages. 480 illustrations courent sur les deux tomes, entre visages (issus d’un casting parmi les proches de l’auteur !) et mises en scène.

  “Évidemment, je me suis bien amusé dans ce bouquin. Les textes ont été écrits en un mois et demi. Mais pour les dessins, mon ambition a été grande et m’a finalement demandé beaucoup de travail”, souligne Laurent Frontère, sérieux cette fois. On comprend bien. Mais le résultat, un peu comme un bel album relié à la Jules Verne, valait vraiment l’effort.